D’hospitalité et
de partage
Une récit magnifique que celui d’Abraham; une image qui reste
dans nos mémoires : le bon berger. Un récit qui raconte que notre
vieil Abraham reçoit la visite de trois hommes, des inconnus. Pour lui,
c’est recevoir la visite de Dieu. Il les invite à se laver les
pieds; il leur fait préparer un repas. Autant de gestes d’hospitalité.
Recevoir la visite de Dieu dans la simplicité de la vie; c’est
retrouver les gestes de l’hospitalité. J’espère que,
ce midi, les enfants qui font leur première communion, se sentent aussi
bien accueillis par cette communauté. Je n’en ai aucun doute…
À
des « années lumières » de ce récit d’Abraham,
Jésus se dit le bon berger; il est la porte par où on entre et
on sort pour vivre, pour rencontrer Dieu et les autres, pour les accueillir.
Et, comme le dit Jean, « pour que nous ayons la vie en abondance ».
C’est apprendre à accueillir l’Autre, pratiquer l’hospitalité de
la table, lui faire confiance. N’est-ce pas ce que Jésus a tenté de
faire pendant toute sa vie?
Pour que nous ayons la vie en
abondance. C’est ce que nos espérons
tous, surtout à certains jours plus sombres, moins ensoleillés.
Il est bon que ce passage de l’évangile nous le rappelle. La foi
chrétienne cherche la vie; et les exigences de cette quête découleront
de cette prise de conscience, et non le contraire.
Oui, ces jeunes qui font leur
première communion avec nous aujourd’hui
sont pleins de vie; cela je peux vous l’affirmer. Ils ont toute la vie
devant eux. J’espère que cela va rejoindre la vie en abondance
dont parle Jésus. Les parents y seront certainement pour quelque chose.
Et que d’autres personnes avec qui ils vivront sauront leur redire ce
souci de la vie, de l’accueil, du partage qu’on apprend d’abord
autour de la table.
Pour
rependre l’image de l’évangile de Jean, il s’agit
d’entrer par la bonne porte de la vie… Jésus est la porte.
Une porte toujours ouverte à tous, comme la table d’Abraham, comme
le repas de Jésus. Dans le repas de l’eucharistie, Jésus
nous accueille; il nous redis sa présence; il nous fait confiance. Jésus
est le berger, il appelle chacun par son nom. Cette image du berger n’est
pas mièvre ou doucereuse. Le berger, c’est quelqu’un dont
on est sûr, quelqu’un à qui on fait entièrement
confiance, parce qu’il nous fait confiance; quelqu’un qui fait
alterner marche et repos. Sa mission est de faire sortir de l’enclos.
Avec Jésus, il n’y a plus d’enclos, il n’y a qu’une
porte qui nous permet, lorsqu’on la traverse, d’aller au plus loin,
au plus large de la vie, en toute confiance.
Les
jeunes, vous vous mettez à table pour la première fois avec
nous; c’est comme la porte d’entrée, dans la
confiance en Jésus et aux autres. La communauté vous accueille,
comme Abraham a accueilli les trois inconnus et leur a servi à manger… C’est
lui qui sera le guide, dans une présence si discrète, mais significative.
On peut lui faire totalement confiance. À leur façon, des communautés
comme celle-ci peuvent, à certains moments, vous servir de guide vers
Dieu. Cette première communion se vit sous le signe de la confiance
réciproque. J’espère que ce sera le souvenir que vous en
garderez.
Cette
communauté chrétienne — je
le dis aux enfants — veut être
un lieu ouvert à la vie, aux cheminements de chaque personne. La communauté chrétienne
est une porte comme Jésus. Passer par Jésus pour aller à Dieu
et pour vivre en abondance. Trouver Dieu, c’est être à l’affût
de ses traces. Passer par Jésus pour trouver Dieu et passer par les
autres pour trouver le Dieu de Jésus. Quand Jésus devient le
passeur, on sait qu’il peut nous mener vers la vie, nous garder en vie,
bien vivant.
Avec humour, je nous poserais à tous cette question un peu naïve :
n’est-il pas agréable d’être une brebis, avec un berger
qui nous fait à ce point confiance et qui donne sa vie en partage? Je
nous laisse sur cette interrogation. La musique et la vie nous aideront, je
l’espère, à porter cette question aux bons moments comme
aux jours plus difficiles.