Homélie sous forme de présentation de l’Évangile
Être
disciple
et prendre le temps de construire
Depuis
tant d’années,
pour certains, bien au-delà de trente ans, pour d’autres, plus récemment,
nous essayons de nous souvenir-ensemble des faits et des gestes de Jésus
et de découvrir le sens de sa vie. Dans une diversité très
grande de personnes et d’options, cette communauté vit toujours.
Cela relève non du miracle, mais certainement de la confiance que nous
nous portons les uns aux autres et de la mémoire qui nous habite. Nous
souhaitons que cette commuanuté soit un chemin de vie et qu’elle
marque et ouvre nos engagements de tous ordres dans la société.
De
mille et une façons, nous nous soutenons dans les moments heureux comme
aux jours difficiles. Aussi, chaque fois que nous nous réunissons le dimanche
pour ré-entendre l’Évangile et partager le pain et le vin
en mémoire de Lui, nous sommes ramenés à la racine de notre
projet de communauté. C’est, pour une large part, l’assemblée
dominicale qui soutient notre expérience de communauté, une commuanuté toujours
dispersée au cœur de nos préoccupations et de notre quotidienneté.
On le sait d’expérience, il n’y a de communauté qu’à nous
retrouver pour célébrer; autrement, elle peut ressembler à une
construction qu’on n’a plus d’intérêt à terminer.
En
ce dimanche de la rentrée, l’Évangile, qui nous est offert,
nous rappelle qu’être disciple de Jésus suppose que nous fassions
des choix. Et comme tout choix sérieux, il est radical, toujours à ressaisir
en plein cœur de nos vies. En somme, une passion. Être disciple du Christ
suppose, bien sûr, des renoncements. Mais quel choix dans nos vies n’a
pas sa part de renoncements? C’est une nécessité pour vivre;
le chemin en vaut le choix. Ce chemin, il nous semble mener quelque part à la
vie, à la vie non seulement pour un autre temps, mais pour ce temps. C’est
le sens de l’espérance chrétienne. L’espérance
est d’abord pour ce temps.
Pour
faire saisir ce qu’il veut dire, Jésus utilise une parabole :
celle d’une tour à construire. Avant de commencer à construire,
il est important de s’asseoir et de réfléchir pour savoir
si l’on se lance ou non dans cette aventure. Car tout projet parle des
solidarités nécessaires, du besoin de l’autre. C’est
l’image d’une commuanuté à faire, la nôtre. Depuis
tant d’années que nous sommes engagés, chacune et chacun à sa
façon, et de multiples manières, pour faire de notre assemblée
dominicale et de notre communauté un lieu et un temps qui fassent sens,
significatifs, et qui accompagnent nos vies et nos projets. Cette commuanté toujours
en chantier, mais contrairement à celui qui ne pense pas avant de commencer à bâtir,
ce chantier est réfléchi, toujours en voie de réalisation.
La communuté est à bâtir, souvent à restaurer, à revisiter.
C’est
ce passage d’Évangile que le hasard de la liturgie nous
propose d’entendre. Mais, il me semble que c’est une coïncience
significative. Y a–il quelque chose de plus déprimant que de voir
une construction abandonnée? Ne pas laisser la commuanuté en
panne, avec des murs non terminés. Nous y travaillons… C’est
là,
dans nos meilleurs moments de vie, une préoccupation qui nous tient à cœur.
Soyons attentifs à ce passage d’Évangile selon Luc.