Ces jeunes n’ont-ils pas le goût du pain et du vin…
Le
chemin d’Emmaüs. L’Évangile sur la route… Après
un long parcours où ils se sont rappelés tant de souvenirs sur
les derniers jours de la vie de Jésus et sur leurs propres réactions,
les deux disciples finissent par reconnaître Jésus. Ils le reconnaissent à travers
un geste simple : lorsque les trois se sont mis à la table pour
partager le pain. Ils font la découverte qu’Il est vivant. Ils
se sont rappelés
que lors du dernier repas que Jésus a partagé avec eux, il s’était
passé quelque chose. Il les avait invités à se mettre
en route et quoiqu’il arrive, à continuer ce que lui, Jésus,
avait commencé de vivre au milieu des siens.
Quand
je tentais de savoir de la part des jeunes qui se préparaient à cette
célébration ce que représentait Jésus pour eux.
La réponse de plusieurs était, à quelques nuances près,
la même : « Jésus a fait des miracles; il a
guéri
des personnes ». Au-delà du fantastique et du merveilleux
que représentent
les miracles, et sans vouloir forcer l’interprétation, la perception
de ces enfants n’allait-elle pas dans le sens suivant : dans
ses gestes de guérir, Jésus voulait tout simplement donner
la vie, donner la vie à tous, et même redonner la vie aux personnes
qui se croyaient déjà mortes.
Sur
tous les chemins d’Emmaüs d’aujourd’hui, à la
suite des deux disciples, il y a cette « longue caravane humaine » qui
marche. À sa façon, chacune/chacun cherche un sens à la
vie; certains cherchent aussi à se souvenir de Jésus. Sur les
routes d’Emmaüs, il y a ces jeunes en route vers la vie, qui ont
rencontré sur
leur chemin des parents, un groupe, une communauté chrétienne
qui partagent la Parole, le Pain et la Coupe autour de la table, en mémoire
de Lui. Cette communauté se souvient de Jésus vivant. Autour
de la table, il y a aujourd’hui, avec nous, ces jeunes qui veulent
apprendre à se
souvenir de Jésus. Ils partageront pour la première fois le
Pain et la Coupe avec nous, au milieu de nous. Nous sommes solidaires de
leur recherche.
Un
geste familier comme pour découvrir le sens de ce que Jésus
a voulu : partager sa Vie. Et partager la vie, c’est se mettre sur
la route de l’amour. Voilà ce que ces jeunes intuitionnent;
ce que des personnes, parents ou proches, leur ont fait saisir à travers
des gestes, quelque paroles.
Leurs
motifs pour accepter de partager le pain et la vin, ces jeunes les ont
dit, à leur façon, avec ce qu’ils et elles peuvent
en saisir, avec les perceptions et les mots qui sont les leurs. Ils me
les ont exprimés
dans une lettre que chaque enfant m’a fait parvenir. Je me permets
de vous en lire quelques extraits sans, manquer, je l’espère, à la
confidentialité.
« Je
veux faire ma première communion, parce que c’est une expérience
nouvelle pour moi. J’ai envie de la faire. Je veux suivre la
famille de Dieu. » Trois ou quatre enfants m’ont écrit
qu’ils « voulaient
goûter le pain et le vin ». Ça commence là,
et pourquoi pas?
Pour
certains, la première communion est un geste public. Un enfant a écrit : « je
veux que les gens sachent que je crois en Dieu et je veux entrer dans son
monde. » On veut connaître Dieu. Espérons qu’ils
en auront l’occasion à travers leurs familles, leur
entourage et leurs proches. Suivre le chemin pour joindre la famille
de Dieu et manger le
pain et le vin, ce sont là des souhaits de quelques enfants.
En fait, la première communion est une étape vers
Jésus.
« Je
veux faire ma première communion parce que ma grand mère
est très malade et qu’elle croit beaucoup en Dieu. » Un
autre : « parce
que ma ‘bonne maman’ est morte et je sais qu’avec
Jésus
je la vois dans mon cœur. » C’est aussi « pour
faire un cadeau à mon arrière-tante qui est morte
cette année. » N’y
a t-il pas dans ces désirs d’enfants quelque chose
qui parle de la transmission de la foi?
Un
dernier désir : « je veux faire ma première communion,
parce que mes parents le veulent et parce qu’on est catholique;
je veux être
avec Dieu. » C’est clair…
Derrière tous ces désirs exprimés, il y a des visages, des
situations familiales; il y a du goût, il y a quelque part, une recherche
de Dieu, à leur mesure, et une admiration pour leurs familles et pour
la personne de Jésus.
Voilà! Ces enfants sont sur la route d’Emmaüs… à vous
les parents et les proches et à nous tous à faire en sorte que
ces enfants fassent un bout de la route de façon significative. Quand
ils se mettront à table, chez eux, ailleurs, ou dans une communauté chrétienne,
ces jeunes en grandissant auront la liberté de penser à Jésus,
cet homme qui donne la vie, cet homme qui guérit
la vie, cet homme qui nous a mis en route.