Dimanche des retrouvailles, dimanche de nos questions
Dimanche de la rentrée, des retrouvailles. Dimanche
qui nous rappelle que tout au long de l’année, chaque fois que
nous nous retrouvons pour faire l’eucharistie, nous essayons de nous
accueillir, chacun à notre
façon, d’accueillir aussi, bien sûr, l’Évangile
qui passe et nous atteint dans la Parole proclamée et dans le partage
du pain et de la coupe. Chaque dimanche en venant à l’assemblée,
nous prenons tous et toutes, d’une certaine façon, la parole.
C’est un peu pour illustrer cela que ce midi, l’homélie
se fera à deux voix, Geneviève Dufour étant la deuxième
voix.
Nous sommes, je l’espère et le souhaite, des gens en marche et
nous portons, au cœur de nos vies, bien des questions. Qu’on en
soit conscient ou pas, notre façon de vivre notre foi n’est pas
sans influencer les autres. Ensemble, ici, et dans le cours de notre vie quotidienne,
nous nous fabriquons les uns les autres à même notre recherche
de foi. La foi, n’est-ce pas un jeu de relations entre nous qui nous
fait garder présents notre recherche de Dieu et nos questions sur Dieu
et sur nous-mêmes.
Dans le passage de l’Évangile que nous venons
d’entendre
et que nous avons choisi pour ce dimanche des retrouvailles, Jean Baptiste
pointe du doigt Jésus, comme l’Agneau de Dieu. Vieille image un
peu déroutante prise en Isaïe, image qui habitait très probablement
l’imaginaire des disciples. Les deux disciples le suivirent. Et Jésus
pose la question, un peu convenue, on oserait dire presque de politesse : « Que
cherchez-vous? »
Je retiens ceci : la première parole de Jésus
dans l’Évangile
de Jean, n’est pas un enseignement, mais une question : « Que
cherchez-vous? » Et même pas « qui cherchez-vous? » Une
question large, qui n’a de sens que pour des personnes qui sont en route,
qui cherchent; pour des personnes qui marchent avec des doutes, des hésitations,
des peurs, mais aussi avec amour, je l’espère. On ne trouve peut-être
pas tout de suite ce que l’on cherche. Mais Jésus semble insister :
cherchez. C’est une démarche pleine d’humanité, mais
qui requiert la foi aussi.
Dans cette question, nous avons tout à découvrir
de Dieu, de Jésus, de nous, des autres. Jésus interroge et se
met à l’écoute.
Ce passage d’Évangile est une bonne illustration, s’il en
fallait encore, que tout commence par une interrogation. L’Évangile
n’est qu’une immense question que nous essayons toute notre vie
de nous approprier. Ce qui me frappe également dans ce passage, c’est
que l’Évangile se vit dans un réseau de relations personnelles.
Jean Baptiste prépare la voie à Jésus. Il s’entoure
de disciples qui, eux, à leur tour vont rejoindre Jésus. N’est-ce
pas cela le destin de la foi; n’est-ce pas cela le destin de l’Évangile.
Aussi, nous nous retrouvons en assemblée le dimanche pour ensemble
porter la question, la question de Dieu et la question de notre avenir, mais
aussi pour établir des liens entre nous. Je laisse Geneviève
poursuivre l’homélie…
Guy Lapointe