Où demeures-tu?
Question
de simple curiosité ou
question plus profonde déjà sur la mission de Jésus et
son côté énigmatique — Jean ne l'a-t-il pas présenté comme
« l'agneau de Dieu » — sur
un mystère entrevu?
Simple curiosité.
Où habites-tu? Dans quel quartier? Comment es-tu installé?
Questions que l'on peut se poser quand on s'intéresse à quelqu'un,
qu'on aime quelqu'un car connaitre l'endroit où cette personne vit va
nous en apprendre sûrement beaucoup sur elle. (Montre-moi le lieu que
tu habites et je te dirai qui tu es!!)
Depuis longtemps j'ai ce type de curiosité; peut-être me vient-elle
d'une des sœurs de mon père qui, après nous avoir rendu
visite à Montréal,
m'a dit : « Maintenant je peux t'imaginer dans ton quotidien;
j'aime connaitre les endroits où vivent ceux que j'aime. » Elle
habitait en Amérique
du sud depuis de nombreuses années et on ne se rencontrait que très
peu souvent mais on pouvait s'imaginer l'une l'autre car je suis aussi allée
la voir.
C'est à mon tour maintenant d'aller découvrir le « chez
soi » de mes enfants devenus adultes et résidant loin d'ici
et de pouvoir ainsi les imaginer avec leur conjoint(e) dans leur quotidien.
Fils de Dieu, agneau de Dieu?
Où peut bien demeurer quelqu'un que Jean le Baptiste a désigné ainsi?
Je remarque d'ailleurs que les deux disciples ayant entendu ces mots se mettent
immédiatement à suivre Jésus qui s'en rend compte et leur
pose la question « Que cherchez-vous? ». Y a-t-il chez
eux une sorte de fascination qui les met en route? Etaient-ils en attente
du Messie? Pressentent-ils qu'auprès de ce Rabbi (ce Maitre) leur vie
pourrait changer, connaître une dimension nouvelle, que la loi juive qu'ils
connaissent bien trouverait un accomplissement que peut-être ils attendent
en secret, au profond de leur cœur?
« Venez et vous verrez »
Par ces mots il me semble que Jésus invite les disciples à continuer
le mouvement qu'ils ont amorcé en le suivant déjà; ce
n'est qu'un début. Il faut, il faudra aller plus loin, continuer la
route, jour après jour, sans se lasser… Ce ne sera pas facile,
nous le savons bien, et pour eux dans l'évangile, et pour nous aujourd'hui.
Il y a des embûches, des épreuves plus ou moins importantes, mais
il y a aussi des moments de paix, de certitude, de transfiguration… Tout
est « à venir »!
Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait et ils demeurèrent
auprès de lui, ce jour-là.
Quelle sobriété dans le récit! Ma curiosité et
la vôtre peut-être restent entières : à quoi
pouvait donc ressembler l'endroit où Jésus demeurait? La taille
de la maison? La couleur des murs?!! L'essentiel n'est pas là bien
entendu; nous sommes amenés à un autre niveau. Ce qui me frappe
est qu'ils virent et qu'ils demeurèrent. Ils ne semblent pas avoir hésité à rester.
Sans doute est-ce le début d'un long apprivoisement… Les disciples
de Jean sont en train de devenir tout doucement des disciples de Jésus.
Leur histoire commune commence ici et durera trois ans comme nous le savons.
Dans la suite du passage lu aujourd'hui, la nouvelle va se répandre
« Nous avons trouvé le Messie! » et Jésus
va choisir d'autres disciples et commencer sa vie publique.
Nous, qui sommes rassemblés en ce dimanche de rentrée
2005, peut-être pouvons-nous nous demander ce que nous cherchons, chacun,
chacune à notre
façon et comment nous allons suivre Jésus, le Fils de Dieu, et
demeurer avec lui. Tendons l'oreille pour l'entendre nous dire : « Viens
tel que tu es ».
Nous savons qu'il est d'ores et déjà présent au milieu
de nous quand nous écoutons sa Parole, que nous rompons le pain et buvons à la
coupe.
Geneviève Lefèvre-Dufour