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Communauté chrétienne St-Albert le Grand





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La Pentecôte

9 juin 2019

Chacun, chacune et tous ensemble…

Actes 2, 1-11    Jean 14, 15-16.23b-26    Romains 8, 14-17

Luc Chartrand    

Au jour de l’Ascension, nous nous sommes laissés au moment où Jésus bénissait ses disciples avant d’être emporté. Cette bénédiction fait écho à un événement du début de l’Évangile de Luc. Après avoir eu une vision, au moment d’offrir l’encens, Zacharie sortit du temple sans pouvoir parler, se trouvant ainsi dans l’impossibilité de bénir le peuple. À la fin du récit de l’Évangile lucanien, voici que cette bénédiction est donnée par Jésus, au moment où il se sépare de ses disciples. La liturgie est ainsi arrivée à son terme. La vie, les actions, les paroles, les gestes de Jésus sont confirmés par le Père qui a ressuscité son Fils. Avec cette bénédiction s’ouvre un nouveau temps. L’Esprit nous accompagne maintenant. Jésus, disparu sous les yeux de ses disciples, se trouve réuni à son Père. En conséquence, l’Esprit est répandu sur les disciples, comme le Seigneur Jésus l’avait annoncé.      

Luc ChartransCurieusement, il n’y a pas de récit de la Pentecôte dans les évangiles. Toutefois, Jean annonce aujourd’hui la venue de l’Esprit Saint. Sa venue s’inscrit dans un contexte relationnel. Les disciples se trouvant en relation avec Jésus sont invités à garder les commandements transmis par Jésus. En conséquence, Jésus interviendra dans sa relation avec son Père, en demandant un autre « Défenseur ». Nous sommes ainsi introduits à une présence qui sera toujours avec « nous ». Une présence de Dieu à la fois semblable et différente de ce qu’elle a été du temps de la vie terrestre de Jésus. Jésus prend soin de rappeler, dans l’Évangile de Jean, la source de sa parole : « la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé ». Il s’agit d’une « parole présence » qui émane d'une source unique, d’où son caractère semblable de tout temps. Toutefois, en ce jour de la Pentecôte, nous inaugurons une forme différente de la présence de Dieu en notre monde. Il s’agit de celle que Jean définit, pour le futur, par deux fonctions attribuées à ce Défenseur : « l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit ». L’enseignement reçu du Père par les paroles de Jésus n’est donc pas terminé, mais il demeure à découvrir. De plus, l’importance des « paroles dites » fait appel à la dimension du souvenir.              

Les Actes des apôtres, sous un langage fort imagé, tracent le portrait des conséquences de cet enseignement et du devoir de mémoire. Les disciples se trouvaient « tous » réunis quand l’Esprit les envahit. Ce nouvel état de leur être conduit les disciples à parler « en d’autres langues » et « chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit ». Il y a un passage de « tous » à « chacun ». L’Esprit est descendu sur « tous » les disciples et l’acte de parler revient à « chacun » d’eux. Voilà pour la prise de parole, mais qu’en est-il de l’entendre?              

Ici, encore une différence est perceptible. Les Juifs religieux de Jérusalem, issus de « toutes les nations sous le ciel », au son de « la voix », se rassemblèrent. Ils étaient dans la confusion, parce que « chacun » d’eux entendait les paroles dans son propre dialecte. Pour une deuxième fois, nous sommes en présence du passage de « tous » à  chacun ».            

Notre présence ici aujourd’hui a donc sa raison d’être et pourrait être plus importante que nous le pensions. Il s’agit d’entrer en relation avec les autres en gardant au cœur l’invitation de Dieu, le commandement de l’amour. C’est ainsi que nous pouvons parler d’une Pentecôte sur le monde, quand la loi de l’amour l’emporte sur l’égoïsme. C’est ainsi que l’accueil de ces élans de générosité en nos cœurs devient un passage où « tous » sont « réveillés » par une force qui s’adresse à « chacun », mais qui passe par l’écoute de chaque personne.    


Dans ce contexte, notre mission reçue, en ce jour de la Pentecôte, est de garder le souvenir des passages de la venue de Dieu en notre monde bien vivant. Il ne s’agit pas de reprendre les événements passés, mais d’accueillir les signes de la présence de notre Dieu en notre monde. C’est ainsi que la dernière bénédiction laissée par Jésus, le jour de son ascension, est une invitation à poursuivre son action missionnaire, assistée de la présence du Défenseur, l’Esprit pour nous soutenir dans notre désir de faire connaître l’amour du Père pour toute l’humanité.