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Communauté chrétienne
Saint-Albert-Le-Grand à Montréal |
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Aux membres de l’Assemblée des évêques
catholiques du Québec
À nos concitoyens et concitoyennes
De nombreux événements récents, suscités
par les responsables de l’institution ecclésiale, ont
fait les manchettes à la grandeur du monde : levée de
l’excommunication de quatre évêques intégristes
dont l’un nie l’existence de la Shoah, excommunications
entourant l’avortement d’une fillette brésilienne
de 9 ans enceinte de jumeaux à la suite d’un viol, condamnation
par Benoît XVI, lors de son voyage en Afrique, des préservatifs
pour contrer la propagation du VIH. Ces déclarations ont
secoué l’opinion publique mondiale, scandalisé bien
des gens et suscité des sentiments de colère chez un
grand nombre de chrétiens et chrétiennes dans le monde
et dans notre communauté.
La Communauté chrétienne St-Albert-le-Grand est une
communauté extra-territoriale qui existe, à Montréal,
depuis 1971. Elle compte environ trois cents membres actifs qui se
réunissent, chaque semaine, pour faire mémoire de Jésus
de Nazareth. Elle célèbre dans un espace liturgique qui
fait appel à l’intelligence et à la liberté de
la foi ouvrant sur un engagement évangélique significatif,
vécu à même la diversité des situations
humaines.
Nous prenons la parole publiquement, non pas tellement pour ajouter
notre voix tardive au concert quasi unanime de protestations, mais
pour témoigner que l’Église est beaucoup plus que
l’institution romaine ou hiérarchique à laquelle
on l’associe encore trop spontanément. Elle est avant
tout la communauté des disciples de Jésus, répandue à travers
le monde, traversée bien sûr, comme toutes les communautés
humaines, par la diversité des opinions et des sensibilités,
et tiraillée entre l’idéal d’amour inconditionnel
que nous cherchons à vivre et les nombreuses limites et faiblesses
qui sont les nôtres.
Nous voulons témoigner aussi que l’Évangile est
une Bonne Nouvelle plus que jamais actuelle, adressée à tous
les gens de « bonne volonté ». Et cet Évangile
a toujours préséance absolue sur les règles canoniques
ou morales auxquelles les autorités hiérarchiques semblent
trop souvent donner priorité. Cet Évangile annonce en
tout premier lieu la compassion et l’amour envers les plus petits
et les plus mal pris. Jésus a dit et répété qu’il
n’est pas venu d’abord pour les justes et les bien-portants
mais pour les pécheurs, les malades et tous les exclus.
Nous voulons témoigner enfin que notre humanité, souffrante
et inquiète au milieu de tant de maux — crise économique
et financière, périls environnementaux graves et urgents,
guerres et exploitations multiples, inégalités scandaleuses
entre les riches et les pauvres, entre les peuples comme au sein de
notre propre société — est appelée à garder
l’espérance et à construire le Royaume annoncé par
Jésus. Cette espérance qui peut être une force
irrésistible de changement, même dans les conditions les
plus difficiles.
Dans quelques jours, nous célébrerons la fête
de Pâques. Cette fête est d’abord le signe et l’annonce
que la vie est plus forte que la mort, qu’« un autre
monde est possible » et que le Royaume est pour nous tous.
Les événements récents qui ont mis les autorités
de l’Église à la « une » de
l’actualité n’enferment pas l’Église
de Jésus, ni son Évangile. Contester ces gestes ou ces
déclarations déplorables, même quand ils viennent
des plus hautes instances, ne signifie ni se désolidariser de
notre Église, ni condamner ou détester les personnes
qui ont commis ces gestes ou ces déclarations. L’appel à l’amour
et au pardon concerne tout le monde, y compris, bien sûr, les
personnes et les groupes avec qui nous sommes en désaccord.
Nous croyons que l’Évangile est plus que jamais d’actualité.
Il nous invite à une parole libre, à un engagement déterminé, à des
changements profonds et à un bonheur que personne ni aucun événement
ne pourra nous ravir. Et nous invitons les hommes et les femmes de
bonne volonté à s’unir pour construire cet « autre
monde possible » qui a un goût de résurrection.
Les
membres de l’exécutif
de la Communauté chrétienne St-Albert-le-Grand.
Dominique Boisvert,
Andrée Brosseau, Jacqueline Destez, Germain
Derome, Jean-Marc Garant,
Guy Lapointe, o.p. prêtre-répondant, Monique
Morval, présidente, Édouard
Potworowski.
Montréal, le 30 mars 2009
Vous pouvez faire parvenir vos commentaires sur cette
lettre en envoyant un message à
commentaires@st-albert.org
Commentaires reçus
J'ai lu la lettre et je suis très d'accord. Je vous félicite et je vous dis MERCI!
Christine Mayr
Merci beaucoup!
I. voisin
Je suis en total accord avec la teneur de votre lettre et vous remercie de l'avoir fait parvenir aux évêques.
Lise Tremblay
Merci d'avoir envoyé cette lettre. Elle est remplie d'amour et d'espoir et elle renvoie à l'essentiel, le message d'amour du Christ.
Joyeuses Pâques à tous!
Geneviève Vastel
Aux membres de l'Exécutif, Communauté St-Albert
Merci encore et encore de cette parole courageuse! Nous en avons
besoin, telle une bouffée d'air frais et de liberté évangélique,
pour continuer d'espérer malgré notre
désenchantement et nos déceptions successives face à une
hiérarchie ecclésiale qui connaît par cœur son
Droit Canon mais qui semble avoir oublié l'Évangile.
Marguerite Denhez- Zeitouni
Merci pour votre message. Dans vos derniers alinéas, vous
avez le ton juste : le message de Jésus n'est pas et ne doit
pas être
enfermé, même par les plus hautes autorités...
Onil Perrier Saint-Denis
Église, deux déclarations malheureuses
Guy Durand
théologien
En lisant les journaux d'ici, j'ai été scandalisé par la déclaration du pape à propos de la prévention du sida en Afrique et par l'excommunication autour de l'avortement d'une fillette de neuf ans au Brésil. Après avoir consulté d'autres sources d'information, comme Le Monde et le Figaro, je voudrais signaler quelques précisions (même s'il n'est pas facile de démêler tous les faits) avant de donner mon point de vue.
Cliquer ici pour voir le texte complet de Guy Durand
J'ai bien pris connaissance de la lettre adressée par l'exécutif
de la Communauté chrétienne Saint-Albert-le-Grand à l'AECQ.
Au sujet de la fillette brésilienne, est-ce que l'exécutif
a pu lire la déclaration du 13 mars du président de l'Assemblée
des évêques catholiques du Québec? Le Cardinal
Turcotte s'est aussi prononcé sur cette triste histoire dans
son message du 18 mars, dans lequel il fait mention d'un article paru
dans l'Osservatore Romano. (On trouvera ces trois
messages dans le document ci-joint.) Je pense que l'exécutif aurait été rassuré par
ces déclarations d'instances officielles de l'Église.
Est-ce que la Communauté chrétienne de Saint-Albert aurait
aimé apprendre l'existence de ces déclarations qui apportent,
il me semble, des nuances importantes à ce qui a été rapporté dans
les médias, comme étant la position officielle de l'Église
dans cette affaire?
Brian McDonough
Office de la pastorale sociale
Archevêché de Montréal
Cela me fait du bien de vous lire, il faut remettre les pendules à l'heure. Les Rois, les Seigneurs etc ont toujours été loin du peuple même si ce sont les Seigneurs de l'Eglise. Votre lettre est une Bonne Nouvelle.
Merci.
Louise Beauchesne
Sorel-Tracy
Merci beaucoup pour vos lignes au sujet des dernières prises
de positions de notre institution (je ne dis pas notre Église..)
J'ai eu aussi un très fort malaise et me suis sentie profondément
attristée, voire meurtrie, dès le début des informations
des médias sur tous ces évènements; avec du recul,
de nouvelles informations élargies, plus objectives, moins simplistes
ni raccourcies, je pense comprendre que l'essentiel du message de notre
pape n'a pas été compris, certains médias l'ont
même déformé, tronqué; une mise au point
du journal français, le Point, qui n'est pas, il me semble ,
un journal confessionnel, m' a éclairée et aussi bien
sûr la lecture approfondie de divers autres articles, rédigés
avec honnêteté et objectivité. (j'ai d'ailleurs
déjà écrit à " Moineruminant" dans
ce sens ) Certes , Benoit XVI peut paraître trop respectueux
de la Loi, trop rigide, parfois éloigné du vécu
existentiel de certains , nous serons alors très sévères
dans nos jugement, d'autres seront différemment attentifs au
pourquoi de ses paroles et de ses écrits, il me semble que notre
Pape est à la fois critiqué fortement mais aussi très
apprécié; je vais continuer à essayer de réfléchir
et de prier pour un meilleur discernement de toutes ces contradictions.
Mes meilleurs sentiments, et toute ma considération.
Michèle Poirel
Joseph Bouchaud, Fils de la Charité
Aux membres de l'exécutif de la Communauté chrétienne
St-Albert-le-Grand.
2715, chemin Côte-Sainte-Catherine
MONTRÉAL (Québec)
H3T 1B6
Mesdames,
Messieurs,
J'ai bien reçu la copie de la lettre que vous avez adressée
le 30 mars aux évêques et à la population du Québec
et je vous en remercie. Votre attachement à l'Évangile
et votre souci de solidarité avec l'humanité souffrante
en ressortent nettement et méritent d'être soulignés
et encouragés. Et je trouve très évangélique
votre volonté de ne pas vous désolidariser de l'Église
quand des gestes ou des déclarations vous paraissent discutables.
Soyez assurés que vos évêques ont à coeur
l'unité et le bien de toute l'Église et s'y emploient
sans relâche au mieux de leurs habiletés, en se confiant à la
grâce du Seigneur.
Quant aux trois événements récents auxquels
vous faites allusion et qui ont fait les manchettes à travers
le monde, il faut reconnaître qu'ils sont de nature très
différente.
S'il y a eu, de fait, des maladresses dans l'organisation des communications
autour de la levée de l'excommunication des quatre évêques
lefebvristes — comme l'a reconnu le Saint-Père lui-même
dans sa lettre du 10 mars aux évêques du monde —,
on serait mal venu d'y voir autre chose qu'un effort sincère
pour tenter de réparer un schisme qui blesse l'Église.
La suite dépendra de l'attitude des disciples de Mgr Lefebvre.
Dans le cas de l'affaire de la jeune fille brésilienne, les
réactions ont été à peu près unanimes à appeler à la
compassion et à la nuance. Un grand nombre d'évêques,
y compris chez nous, ont pris la parole pour redire l'attitude évangélique
nécessaire dans un cas pareil.
Enfin, au sujet de la lutte contre l'épidémie de sida
en Afrique, Benoît XVI soutient qu'elle ne pourra être
gagnée que si on donne la priorité à des programmes éducatifs
visant des changements de comportement. C'est pourquoi il en appelait,
dans l'avion qui le conduisait au Cameroun, à « une humanisation
de la sexualité, c'est-à-dire un renouveau spirituel
et humain qui apporte avec soi une nouvelle manière de se comporter
l'un envers l'autre ». Il est significatif que, suite à la
controverse, plusieurs experts ont pris la parole pour signaler que
la réduction importante du taux d'infection en Ouganda — un
succès unique en Afrique — est justement due aux programmes
gouvernementaux qui ont fortement encouragé l'abstinence pour
les jeunes et la fidélité conjugale.
Je vous remercie encore pour votre témoignage de vie chrétienne
engagée au nom de l'Évangile et j'invite les membres
de votre communauté à s'unir dans la prière, en
communion avec le Saint-Père et toute l'Église, pour
demander au Seigneur de nous donner grâce, force et lumière
pour être partout et toujours des artisans de réconciliation,
dans la vérité et l'amour.
Je vous prie d'agréer l'expression de mes sentiments les plus
dévoués en Notre-Seigneur.
+Martin Veillette
Évêque de Trois-Rivières
Président de l'Assemblée des évêques catholiques
du Québec
Bonjour,
je vous écris de France pour vous dire tout d'abord que je suis
très heureuse de voir la beauté et la liberté de
notre Église. En effet parfois l'on n'est pas d'accord avec
ce qui peut se passer ou se dire et pourtant notre unité profonde
n'est pas entâchée. Nous sommes tous les membres différents
d'un même corps. Cependant je veux vous appeler à la prudence
quant à ce que peuvent dire les médias sur les propos
du Pape ou autres sujets sensibles. En effet ils ont tôt fait
de stigmatiser et même déformer tel ou tel évènement
pour combattre l'Église. Ce que d'ailleurs ils ne se permettraient
jamais de faire envers les musulmans ou autres religions.
J'ai parlé il y a quelques jours avec une amie qui rentrait
d'Afrique où elle a vécu plusieurs années et elle
me disait son incompréhension des réactions médiatiques
françaises et européennes alors que les propos du Pape
sur le préservatif ont été très bien accueillis,
compris en Afrique par toute la population. Comment se fait-il que
chez nous cela fasse tant de tapage? Je ne crois pas que le Pape condamne
le préservatif mais plutôt le comportement qu'il facilite.
Il est normal que le Pape prône la monogamie, la fidélité et
la continence sexuelle avant la mariage! Si lui ne le fait pas, qui
le fera? Si il disait utilisez des préservatifs cela vous protègera
du Sida cela sous-entendrait : allez-y vous pouvez avoir autant
de relations sexuelles que vous le souhaitez et avec autant de partenaires
différents que vous le voulez puisque vous ne risquez rien!
Bien sûr je sais que je vais d'un extrême à l'autre,
et je le fais volontairement pour montrer ce que le Pape redoute à mon
avis, mais cela n'est que mon avis.
Quant à la jeune fille brésilienne il me semblait avoir
compris sur une parution de Zénit (journal envoyé gratuitement
par mail quotidiennement sur l'actualité de l'Église
et du monde vue de Rome) que l'excommunication n'avait pas eu lieu
en définitive.
Pour autant le simple rappel de cette loi dans de telles circonstances
n'aurait à mon avis pas dû avoir lieu.
Nous venons juste de fêter la Pentecôte et donc comme vous
je nous invite tous à travailler à la formation d'un
monde meilleur sous l'inspiration du Saint-Esprit.
Union de prière
Nathalie Yungmann, Montpellier, France
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