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Communauté chrétienne
Saint-Albert-Le-Grand à Montréal |
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La liturgie de la Semaine Sainte
La célébration de la Pâque du Seigneur est l’objet
d’une liturgie à la fois sobre et très solennelle.
Elle commence le dimanche des rameaux qui est un des dimanches de l'année
où les enfants occupent une place importante dans le rassemblement
de la communauté. Acclamer le Christ, avec rameaux et sapinage à la
main, c'est entrer dans la semaine sainte comme il entre à Jérusalem.
C'est entrer avec les sentiments de louange et d'action de grâce
dans ce mystère du salut.
La célébration du Jeudi Saint est centrée sur le
mémorial du dernier repas de Jésus. Une grande table est
dressée sur toute la longueur de l'église. On cherche à créer
un climat de grand recueillement, en tamisant l'éclairage ou en
recourant au son du violoncelle. Mais la particularité la plus
notable consiste dans l'inversion des deux parties de la célébration.
Tout comme Jésus prit le repas avec les siens, puis prononça
le « discours après la Cène », nous
commençons par la prière eucharistique et le partage du
pain et de la coupe. Nous cherchons à donner un relief particulier
au geste de la communion. Puis, nous prolongeons l'eucharistie par la
proclamation et la méditation de larges extraits des paroles d'adieu
de Jésus. Cette deuxième partie se déroule dans
le plus grand recueillement. La plupart des lumières sont généralement éteintes
et le texte est lu lentement, alternant avec des pauses de silence ou
de musique. Souvent, un chant intitulé : « Qui
donc est Dieu? » chanté sans accompagnement, propose
une méditation sur le sens des événements célébrés.
Le président de la célébration proclame ensuite
la « prière sacerdotale » qui conclut, dans
l'évangile selon Saint Jean, les derniers entretiens de Jésus.
Et le président se retire en silence. Pour bien signifier que
le mystère de Pâques est unique, la célébration
du Jeudi n'a pas de conclusion et celle du vendredi ne comporte ni introduction,
ni conclusion. C'est comme s'il y avait une unique célébration
qui se déroulait sur trois jours.
Le Vendredi Saint, nous reprenons donc la célébration
là où nous l’avions laissée la veille, c'est-à-dire
par le récit de la prière de Jésus au jardin. Se
succèdent, dans un ordre qui varie souvent, les différentes
parties de la célébration du Vendredi Saint dans toutes
les églises : proclamation de la Parole, récit de
la Passion, vénération de la croix. Ce jourlà, les
prières universelles revêtent une solennité toute
spéciale. C’est comme si les chrétiens du monde entier,
d’aujourd’hui et de tous les temps, rassemblés autour
de la croix du Christ, portaient devant Dieu le monde entier, avec ses
grandeurs et ses espoirs mais aussi ses misères et ses contradictions.
La célébration se termine sobrement par la lecture évangélique
qui rappelle la mise au tombeau de corps de Jésus. Puis, comme
nous l’avons dit, le président et l’assemblée
se retirent en silence.
La célébration de Pâques a lieu dans la nuit comme
il convient. On y distingue comme ailleurs, quatre parties : le
temps de la lumière, le temps de la Parole, le temps du baptême
et le temps de l’eucharistie. On cherche à donner du relief à la
célébration de la lumière à cause de sa forte
puissance symbolique. C’est dans une église d’abord
plongée dans l’obscurité la plus complète,
où brille d’abord le cierge pascal, puis éclairée
par la simple lueur des centaines de bougies portées par chacun
et chacune que se déroule cette toute première partie qui
culmine dans une grande louange de la lumière. C’est à la
lumière de bougies que se déroule le temps de la Parole
jusqu’à la proclamation de l’Évangile de la
résurrection et l’éclatement de l’Alleluia!
Alors on allume toutes les lumières de l’église.
Le temps de la Parole comprend toujours le récit de la création,
car selon la théologie chrétienne, la résurrection
constitue le début d’une nouvelle création. Nous
lisons habituellement le récit de la Genèse, entrecoupé souvent
du refrain « Il y eut un soir, il y eut un matin et Dieu vit
que cela était bon. ».La deuxième lecture raconte
la sortie d'Égypte selon le livre de l'Exode. Mais souvent on
lui préfère une partie du dialogue entre un garçon
juif et son père tel qu'il se trouve toujours dans le rituel juif
de la Pâque. Cette façon de faire nous invite à la
communion avec les croyants juifs de notre ville et du monde entier.
Selon les années, il peut y avoir une ou deux lectures bibliques
avant celle qui dit la visite des femmes au tombeau. Cette longue célébration
rappelle les origines chrétiennes où la célébration
durait jusqu'au lever du soleil, symbole de la victoire de la vie sur
la mort.
La nuit de Pâques est l’un des trois moments privilégiés
pour la célébration du baptême dans la communauté.
Depuis les tout débuts de l’Église, une des significations
du baptême est une « plongée » (c’est
ce que signifie littéralement le mot grec « baptême »)
dans la mort et la résurrection du Christ. Pendant des siècles,
dans certaines Églises, la nuit de Pâques fut l’unique
moment où l’on célébrait normalement le baptême.
Qu’il y ait ou non des baptêmes cette nuit-là, une
grande louange sur l’eau est toujours prononcée et, après
avoir invité l’assemblée à redire son adhésion
au Christ, le président parcourt l’église jusqu’au
fond en aspergeant généreusement la communauté en
rappel du baptême de chacun et de chacune.
La célébration du baptême est suivie d’une
période d’échange de la joie de Pâques. Comme à Noël,
on se déplace dans l’église pour offrir aux uns et
aux autres ses vœux. Lorsque cela se fait, on sent la joie et la
vie célébrée tout comme la lumière au début
de la célébration. L’échange de vœux
constitue une sorte de pause dans une célébration assez
longue et permet de préparer la table de l’eucharistie pour
le temps de la célébration. La prière eucharistique
est souvent entrecoupée de nombreuses acclamations de l’Alleluia.
La célébration se prolonge par un réveillon.
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