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La liturgie de la Semaine Sainte

 

La célébration de la Pâque du Seigneur est l’objet d’une liturgie à la fois sobre et très solennelle. Elle commence le dimanche des rameaux qui est un des dimanches de l'année où les enfants occupent une place importante dans le rassemblement de la communauté. Acclamer le Christ, avec rameaux et sapinage à la main, c'est entrer dans la semaine sainte comme il entre à Jérusalem. C'est entrer avec les sentiments de louange et d'action de grâce dans ce mystère du salut.

La célébration du Jeudi Saint est centrée sur le mémorial du dernier repas de Jésus. Une grande table est dressée sur toute la longueur de l'église. On cherche à créer un climat de grand recueillement, en tamisant l'éclairage ou en recourant au son du violoncelle. Mais la particularité la plus notable consiste dans l'inversion des deux parties de la célébration. Tout comme Jésus prit le repas avec les siens, puis prononça le « discours après la Cène », nous commençons par la prière eucharistique et le partage du pain et de la coupe. Nous cherchons à donner un relief particulier au geste de la communion. Puis, nous prolongeons l'eucharistie par la proclamation et la méditation de larges extraits des paroles d'adieu de Jésus. Cette deuxième partie se déroule dans le plus grand recueillement. La plupart des lumières sont généralement éteintes et le texte est lu lentement, alternant avec des pauses de silence ou de musique. Souvent, un chant intitulé : « Qui donc est Dieu? » chanté sans accompagnement, propose une méditation sur le sens des événements célébrés. Le président de la célébration proclame ensuite la « prière sacerdotale » qui conclut, dans l'évangile selon Saint Jean, les derniers entretiens de Jésus. Et le président se retire en silence. Pour bien signifier que le mystère de Pâques est unique, la célébration du Jeudi n'a pas de conclusion et celle du vendredi ne comporte ni introduction, ni conclusion. C'est comme s'il y avait une unique célébration qui se déroulait sur trois jours.

Le Vendredi Saint, nous reprenons donc la célébration là où nous l’avions laissée la veille, c'est-à-dire par le récit de la prière de Jésus au jardin. Se succèdent, dans un ordre qui varie souvent, les différentes parties de la célébration du Vendredi Saint dans toutes les églises : proclamation de la Parole, récit de la Passion, vénération de la croix. Ce jourlà, les prières universelles revêtent une solennité toute spéciale. C’est comme si les chrétiens du monde entier, d’aujourd’hui et de tous les temps, rassemblés autour de la croix du Christ, portaient devant Dieu le monde entier, avec ses grandeurs et ses espoirs mais aussi ses misères et ses contradictions. La célébration se termine sobrement par la lecture évangélique qui rappelle la mise au tombeau de corps de Jésus. Puis, comme nous l’avons dit, le président et l’assemblée se retirent en silence.

La célébration de Pâques a lieu dans la nuit comme il convient. On y distingue comme ailleurs, quatre parties : le temps de la lumière, le temps de la Parole, le temps du baptême et le temps de l’eucharistie. On cherche à donner du relief à la célébration de la lumière à cause de sa forte puissance symbolique. C’est dans une église d’abord plongée dans l’obscurité la plus complète, où brille d’abord le cierge pascal, puis éclairée par la simple lueur des centaines de bougies portées par chacun et chacune que se déroule cette toute première partie qui culmine dans une grande louange de la lumière. C’est à la lumière de bougies que se déroule le temps de la Parole jusqu’à la proclamation de l’Évangile de la résurrection et l’éclatement de l’Alleluia! Alors on allume toutes les lumières de l’église.

Le temps de la Parole comprend toujours le récit de la création, car selon la théologie chrétienne, la résurrection constitue le début d’une nouvelle création. Nous lisons habituellement le récit de la Genèse, entrecoupé souvent du refrain « Il y eut un soir, il y eut un matin et Dieu vit que cela était bon. ».La deuxième lecture raconte la sortie d'Égypte selon le livre de l'Exode. Mais souvent on lui préfère une partie du dialogue entre un garçon juif et son père tel qu'il se trouve toujours dans le rituel juif de la Pâque. Cette façon de faire nous invite à la communion avec les croyants juifs de notre ville et du monde entier. Selon les années, il peut y avoir une ou deux lectures bibliques avant celle qui dit la visite des femmes au tombeau. Cette longue célébration rappelle les origines chrétiennes où la célébration durait jusqu'au lever du soleil, symbole de la victoire de la vie sur la mort.

La nuit de Pâques est l’un des trois moments privilégiés pour la célébration du baptême dans la communauté. Depuis les tout débuts de l’Église, une des significations du baptême est une « plongée » (c’est ce que signifie littéralement le mot grec « baptême ») dans la mort et la résurrection du Christ. Pendant des siècles, dans certaines Églises, la nuit de Pâques fut l’unique moment où l’on célébrait normalement le baptême. Qu’il y ait ou non des baptêmes cette nuit-là, une grande louange sur l’eau est toujours prononcée et, après avoir invité l’assemblée à redire son adhésion au Christ, le président parcourt l’église jusqu’au fond en aspergeant généreusement la communauté en rappel du baptême de chacun et de chacune.

La célébration du baptême est suivie d’une période d’échange de la joie de Pâques. Comme à Noël, on se déplace dans l’église pour offrir aux uns et aux autres ses vœux. Lorsque cela se fait, on sent la joie et la vie célébrée tout comme la lumière au début de la célébration. L’échange de vœux constitue une sorte de pause dans une célébration assez longue et permet de préparer la table de l’eucharistie pour le temps de la célébration. La prière eucharistique est souvent entrecoupée de nombreuses acclamations de l’Alleluia.

La célébration se prolonge par un réveillon.

 


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