Notre temple à Montréal Communauté chrétienne
Saint-Albert-Le-Grand à Montréal
Page d'acceuilHomélies par homélistes et par dateMembres des comités diversDes activités de la paroisseLa vie liturgique à Saint-AlbertPour vous trouver dans le site

Discours  de Guy Lapointe prononcé lors de la fête organisée par les membres de la Communauté chrétienne St-Albert, le dimanche, 30 janvier 2005.

 

Je veux vous dire toute ma reconnaissance à chacune et chacun, vous tous, si nombreux, à cette fête. Je suis très touché. Je remercie tout spécialement Clotilde Pouliot, qui a pris l’initiative de cette fête avec Marc Rompré, prieur de la communauté St-Jean.

Je suis au cœur d’une fête où je retrouve  en quelque sorte mes lieux de naissance. Il y a des membres de ma famille — mes origines — que je remercie particulièrement. Plusieurs sont venus de Montréal,  de Québec, de l’Ile d’Orléans pour participer à la fête. Ces frères et sœurs, neveux et nièces, font partie de mes racines. Nous sentons encore plus fort le vent et les odeurs des saisons  de l’Ile d’Orléans… Il y a les membres de la Province Dominicaine, le Provincial, Yvon Pomerleau, Guy Pelletier, sous-prieur de la Communauté dominicaine St-Albert, ceux et celles de la Communauté St-Jean, la grande famille de la communauté chrétienne St-Albert et aussi de bons amis qui me sont chers, que j’aime beaucoup et qui me le rende bien.

Lors de mon discours de réception à Ottawa jeudi dernier, je disais cette conviction fondamentale : je ne peux dissocier de mon travail intellectuel de théologien et de liturgiste l’expérience que j’ai vécue et que je vis dans cette communauté chrétienne St-Albert, depuis les toutes premières heures de ma vie dominicaine. Sans cette communauté, je n’aurais certainement pas pu effectuer le travail pour lequel on me reconnaît une certaine maîtrise. Cette communauté chrétienne, forte de sa fragilité qui tient d’abord par un même souci de mémoire, vit l’expérience de la foi dans la liberté et dans le respect des itinéraires de chacune et chacun, et aussi par l’attention des uns pour les autres. Ces deux attitudes font que notre rassemblement dominical est un moment significatif qui nous renvoie, chacune et chacun,  à notre travail d’éveil dans nos familles, dans nos lieux de travail, dans nos espaces sociaux. Avec vous, et avec la liberté que m’a permis de vivre l’Ordre des Dominicains, j’ai appris que  la célébration de la foi est ouverture et non fermeture, qu’elle me rend plus libre.

Je ne sais pas pourquoi, mais je n’avais jamais osé penser qu’un jour je serais maître en sacrée théologie. Quel est pour moi le sens de cette reconnaissance de Maître en sacrée théologie, vieux titre qui nous vient du Moyen-Âge dominicain? C’est d’abord, de prendre une conscience plus vive que j’ai eu de la chance, malgré quelques coups de gueules parfois en regard des institutions d’Église, d’avoir cet espace, cette liberté qu’on m’a toujours laissés pour travailler à l’Université de Montréal et de pouvoir garder mes coudées franches, pour prendre certaines positions risquées. J’ai parfois du mal avec les institutions, mais j’en reconnais aussi la nécessité et plus que la nécessité, ce qu’elles représentent dans ma vie de recherche.

Cette quête de vérité qui est la devise des Dominicains, j’ai toujours pensé qu’elle se vivait dans une meilleure connaissance de l’historie de notre tradition. Ce qui nous permet ici de vivre une liturgie et plus une foi pleines de créativité. Vous ne le savez peut-être  pas,  je suis un liturgiste « traditionnel ». C’est particulièrement important; et c’est de la tradition que peut surgir une créativité pour ce temps. Marguerite Yourcenar disait ceci en 1981, lors de son discoours de réception à l’Académie française : « Il y a de l’espoir  pour la tradition à deux condition : qu’elle sache rester fidèle à elle-même, qu’elle sache s’ouvrir à tout ce qu’il y a dans le temps qui passe, d’aspiration à plus de vérité et de justice. L’avenir sans le passé est aveugle; le passé sans l’avenir est stérile ».

Je pense que cette vision de Yourcenar, c’est ce qui guide ma vie dans ses meilleurs moments et vous y êtes, chacune et chacune, à votre manière pour quelque chose. Un  immense merci!  C’est un bon moment de vie et de reconnaissance.   

Alors fêtons,

 30 janvier 2005

Guy Lapointe


Communauté chrétienne Saint-Albert-Le-Grand à Montréal
Accueil Homélies Organisation Événements Célébrations Plan du site En haut