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28e dimanche du Temps de l'Église (A)

15 octobre 2017

Isaïe 5, 1-7

Matthieu 21, 33-43

Philippiens 4, 6-7

« Occupez-vous de ma vigne. »

Hubert Doucet

Il y a quelques années, je ne pense pas que les lectures d’aujourd’hui m’auraient rejoint comme elles le font maintenant. Le travail de la vigne suscite chez-nous de plus en plus d’intérêt. Nous comprenons mieux ce que peuvent ressentir les vignerons qui s’engagent dans ce travail, les énergies qu’ils y déploient, les émotions qu’ils ressentent devant le succès ou l’échec. C’est un monde vraiment fascinant. Les paroles du prophète Isaïe « Je veux chanter pour mon ami le chant du bien-aimé à sa vigne » sont touchantes. La vive déception de l’ami prend un sens vrai. Il a tout perdu, en quelque sorte.
Si la première lecture met l’accent sur l’amour du vigneron pour sa vigne, l’évangile soulève, dès son ouverture, des questions embêtantes, peut-être même contradictoires. Le vigneron de l’évangile ne fait-il pousser sa vigne que pour s’enrichir et jouir de la vie? Ne s’y intéresse-t-il que par esprit commercial? En effet, il charge d’autres personnes, des exécutants, de faire le travail; lui, le maître, il s’en va, il a d’autres Hubert Doucetchoses à faire. C’est la conclusion qu’un esprit mesquin pourrait en tirer.  

Mais à lire plus attentivement et en tenant compte de toutes les références bibliques sur la vigne, une autre explication se dégage à propos de ce voyage du créateur de la vigne. La parabole évangélique introduit des catégories d’acteurs absentes de la lecture d’Isaïe, entre autres, les vignerons. Ces vignerons qui ont la charge de la vigne, ne serait-ce pas nous? En son absence, Dieu nous confie l’univers pour que nous le fassions profiter et produire du beau fruit. Cette vigne, comment en prendre soin ?     

Dans notre parabole, les vignerons font certainement du bon travail. Les vignes ont bien profité et le temps des fruits semble bon. Quelle belle récolte, mais pour qui? Les vignerons ne la veulent que pour eux-mêmes. En quelque sorte, ils s’en sont accaparés et s’en sont déclarés les propriétaires, en se faisant violents à l’égard de tous ceux qui ne sont pas dans leur groupe. Aucune place pour la reconnaissance de l’autre, pour le respect de l’engagement. Nous rejoignons ici les problèmes de notre temps : accaparement de la terre pour quelques-uns, appauvrissement des sols pour les générations futures, pollution à grande échelle. Il n’y a que mon présent qui compte, au prix de l’injustice pour les autres d’aujourd’hui et de demain.
Les vignerons ont reçu la vigne, non pour eux-mêmes, mais pour en rendre les fruits à la famille du maître de la vigne, c’est-à-dire à toute l’humanité. Cette famille, c’est Dieu qui veut vivre avec nous tous et qui, tout au long de l’histoire, nous a manifesté ce désir de multiples façons. On peut penser ici à la maison commune dont parle le pape François. Pourquoi alors une telle violence qui tue les messagers du désir de Dieu à notre égard?     

Comme les vignerons, nous sommes tentés de nous comporter en propriétaires du monde, ce qui conduit à dominer les autres, à les exploiter, que ce soit par la force ou par de subtils asservissements économiques. Jésus sur la croix a payé de sa vie ces comportements de propriétaires dominants. Il y a pourtant espérance car Dieu demeure prêt à nous confier sa vigne pour que nous en fassions une activité responsable en vue de construire un monde de partage et de réciprocité. C’est ce que veut dire ce petit passage, à une première lecture, inadapté à l’évangile d’aujourd’hui : « La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire. » Cette pierre angulaire, c’est Jésus ressuscité qui témoigne qu’une nouvelle vigne portant de magnifiques raisins est toujours possible, si nous nous engageons à le faire. Voilà la bonne nouvelle.

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