
Célébrer l'eucharistie à Saint-Albert
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Nous nous souvenons de Guy Lapointe
Legs liturgique de Guy Lapointe
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Un point de vue anglican sur l’unité des chrétiens
Compte rendu du repas communautaire du 26 avril
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Voici les textes bibliques de dimanche prochain, 20 septembre :
* Is 55, 6-9;
* Ph1, 20c-24.27a (Lettre aux Philippiens);
* Mt 20, 1-16 (La parabole des ouvriers envoyés à la vigne).
Dimanche dernier, à la rentrée, nous étions bien heureux de nous retrouver et nous avons pris le temps de partager un apéro et quelques bouchées après l’Eucharistie.
L’équipe de liturgie avait choisi pour ce dimanche, l’évangile selon Matthieu 18, 21-35 où Jésus nous invite à développer et à faire profiter frères et sœurs des dons que nous avons reçus. Vous pouvez lire à ce sujet l’homélie de fr. Raymond sur notre site web. Oui nous avons besoin de dons des membres et souvent nous avons besoin de coups de pouce pour maintenir les services, les rencontres fraternelles et la vie de notre communauté. Qu’elle profite de votre générosité!
Vous pouvez vous inscrire directement sur notre site web st-albert.org dans l'onglet INSCRIPTION .
Le 20, ce sera notre premier dîner communautaire; chacun apporte son lunch. Notre invité sera Mgr Pierre Charland, franciscain et évêque de Baie-Comeau. Le thème proposé est « L'héritage et l'actualité de Saint François d'Assise ». Nous échangerons sur le parcours de Saint-François, son héritage et son actualité.
Des formations nous sont offertes par le Centre dominicain d’études et de formation.
Le mardi 22 septembre, à 19 h 30 Daniel Cadrin, dominicain du couvent Saint-Albert offre une conférence intitulée : Laïcs et dominicains : l’intuition de saint Dominique. Aux origines de la fondation, déjà Dominique avait l’intuition d’une mission partagée. Une aventure fraternelle qui se poursuit.Voici le lien ICI.
Le mercredi 7 octobre à 19 h 30, le conférencier est Antoine Dabrowski, philosophe. La conférence s’intitule Se méfier du jeu des apparences. C’est sur zoom et c’est gratuit. Voici le lien ICI
Ne vous laissez pas impressionner par l’immense barrière à l’entrée du stationnement : dès que vous vous en approchez, elle se soulève à l’entrée et à la sortie, aux heures des messes.
Michèle Beaulac
Présidente de la CCSA
secretariat@st-albert.org
Il y a des paraboles qui consolent, encouragent. Et puis il y en a d’autres qui nous dérangent, qui nous résistent, qui viennent toucher un point sensible dans notre manière de voir Dieu, les autres et nous-mêmes. La parabole des ouvriers de la onzième heure appartient à cette seconde catégorie. À première vue, elle semble presque injuste : des ouvriers travaillent toute la journée sous le poids de la chaleur, d’autres n’arrivent qu’à la dernière heure, et tous reçoivent le même salaire. Instinctivement, quelque chose en nous proteste. Et c’est précisément ce que recherche la parabole, sa stratégie.
Jésus ne raconte pas cette histoire pour déplacer nos calculs habituels. Il nous fait entrer dans une logique qui n’est pas celle du rendement, du mérite mesurable ou de la comparaison, mais celle du Royaume. Or, dans le Royaume, la norme ultime n’est pas la stricte proportion entre le travail accompli et la récompense reçue. La norme, c’est le cœur de Dieu, et ce cœur est bon.
Pour Dieu, il n’y pas de derniers venus. Tout le monde a part à sa bonté et peut s’en réjouir, pourvu que la convoitise, la jalousie ne viennent gâcher notre plaisir. Il arrive en effet que la bonté, qu’elle soit divine ou humaine, vienne révéler la mesquinerie, la petitesse de notre cœur.
À cet effet, la parabole que nous avons entendue nous tend un petit miroir pour découvrir si en quelque repli de notre personne ne se loge pas un faux sentiment de justice, un regard mauvais sur le traitement favorable envers les autres.
Ainsi, on blâmera l’État d’être trop prodigue envers les nouveaux arrivants qui profitent de mesures sociales sans y avoir contribué; on protestera devant des héritages qui visent à soutenir une cause humanitaire au détriment apparent des héritiers de droit ; ou encore, une promotion à un poste important avec peu d’année d’ancienneté provoquera notre ressentiment, et quantité de ces situations où une personne se sent lésée, victime d’une injustice.
La parabole visait à tendre un miroir à ceux-là qui, dans le peuple juif, n’appréciaient pas l’attitude de Jésus envers les pécheurs et tous les « derniers venus » de la société de l’époque. Puis, l’ouverture aux païens ayant part au même héritage que le peuple élu a suscité le déplaisir des tenants d’une tradition ancienne. Tous ceux-là pouvaient s’identifier aux ouvriers des premières heures récriminant contre le maître trop généreux à leur goût. Évidemment, aucune protestation ne s’est élevée parmi les bénéficiaires de sa prodigalité.
Plusieurs détails de la parabole sont étranges. Pourquoi ces ouvriers n’ont-ils pas été engagés dès le matin s’ils étaient déjà là? Le maître aurait-il mal évalué la quantité de travail nécessaire? Une fois, cela se comprendrait; mais il sort encore à la troisième, à la sixième, à la neuvième, puis à la onzième heure. Ce n’est donc pas seulement une question d’organisation. Jésus construit volontairement un récit qui provoque une réaction. Il veut nous faire sentir le choc entre notre sens spontané de la justice et la justice plus haute de Dieu, sa bonté. Ce que confirmera l’ordre de distribution des salaires.
Remarquons d’abord que personne n’est lésé. Les premiers ouvriers reçoivent exactement ce qui avait été convenu avec eux. Le maître ne vole rien, il ne retire rien, il ne trahit pas sa parole. Mais certains reçoivent plus qu’ils ne pouvaient espérer. Voilà ce qui scandalise: non pas l’injustice faite aux premiers, mais la bonté accordée aux derniers. Le maître se montre généreux au-delà de ce que le sens commun jugerait acceptable.
C’est ici que la première lecture éclaire l’Évangile: « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins ». Heureusement que Dieu ne se contente pas de gérer le monde comme une distributrice automatique où chacun recevrait exactement selon la pièce introduite. Dieu dérègle cette logique.
Les ouvriers de la onzième heure ne sont pas des paresseux arrivés trop tard. La parabole suggère autre chose : « Personne ne nous a embauchés. » Peut-être n’avaient-ils pas le bon profil, moins « employables » que les autres ? Pourtant, ils sont restés là. Toute la journée. Leur attente elle-même devient une forme de travail : un long travail d’espérance. Il sera largement récompensé.
Saint Augustin voyait dans ces ouvriers une image de notre condition devant Dieu : d’une manière ou d’une autre, nous sommes tous des ouvriers de la dernière heure, bénéficiaires du don de Dieu qui appelle, relève, associe à sa vigne et qui donne sa propre vie en partage.
Dans la Bible, la vigne évoque le peuple que Dieu cultive, visite et aime. Travailler à la vigne, c’est être introduit dans l’histoire de l’Alliance. Le maître sort sans cesse pour appeler. Dieu nous rejoint, à toute heure. Comment réagissons-nous à la bonté ? Celle dont nous sommes témoins -surtout si nous n’en sommes pas les bénéficiaires- fait-elle notre joie ? Ou bien sommes-nous plus à l’aise dans la stricte justice, l’univers normatif ? Le maître le dit avec une grande simplicité : « Ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ? » Comment accueillons-nous la sagesse de Dieu, sa bonté démesurée, hors norme ?
Cette parabole nous fait passer de la justice à la grâce. Elle ne détruit pas la justice : le maître respecte sa parole. Dieu donne plus que ce que nous osons attendre. Et croyons que, quelle que soit l’heure, il n’est jamais trop tard pour œuvrer à la vigne. Comment récriminer ? Dieu traite bien chacun de ses enfants. À chacun d’eux s’adresse l’invitation de travailler à sa vigne : « toi aussi ». Chacun d’eux, et toi aussi, reçoit sa bonté et sa miséricorde en partage.