
Célébrer l'eucharistie à Saint-Albert
Une recherche de foi vécue communautairement
Une communauté créative depuis 50 ans
Nous nous souvenons de Guy Lapointe
Legs liturgique de Guy Lapointe
La Communauté Saint-Albert-le-Grand se raconte par les bulletins Étapes de 1966 à 2011
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Déjà le carême! Que le temps passe vite! Mercredi soir à 18 h, la célébration des Cendres aura lieu dans l’église à 18 h. Cette courte célébration, toujours très sobre, sera accompagnée de violoncelle.,
Premier dimanche du Carême, le 22 février sera l’occasion de nous réunir pour un dîner communautaire après l’Eucharistie. La personne invitée pour échanger avec nous sur le thème Chrétiens et laïcité est Pierre Bosset, professeur à l’UQAM, spécialiste de cette question. Apportez votre repas et, si le cœur vous en dit, un dessert à partager.,
Une pianiste accompagnera notre méditation à la rencontre Silence, prière, musique le jeudi 26 février à 18 h 30.
Dimanche dernier, le Centre étudiant (Cedum) fêtait ses 40 ans d’existence au service des étudiants de l’Université de Montréal et autres jeunes. Le Centre a profité de la Messe des Nations pour fêter cet anniversaire avec des chants et des prières en plusieurs langues, comme à son habitude. Cette célébration a rassemblé plusieurs anciens, des participants actuels. Mgr Faubert, un ami du Centre, présidait l’Eucharistie. Puisse le Centre étudiant continuer son œuvre comme il l’a fait jusqu’ici malgré toutes ses pérégrinations.
Voici les textes liturgiques pour les Cendres :
* Jl2,12-18;
* Ps 50, 3-4, 5-6ab, 12-13, 14.17,
* 2 Co 5,20-6,2;
* Mt 6, 1-6. 16-18,
et dimanche prochain, premier du Carême.
* Gn 2, 7-9; 3, 1-7a,
* Rm 5, 12-19,
* Mt 4, 1-11.
Bonne semaine à chacune et chacun
Michèle Beaulac
Présidente de la CCSA
secretariat@st-albert.org
Il y a dans la vie des choses qui se passent d’explication, qui vont sans dire ou qui ne se discutent pas, tellement elles suscitent l’approbation. Par exemple, on ne fera pas de débat à savoir « pour ou contre la vertu ? ». Il y a aussi de ces vérités qui s’imposent d’elles-mêmes au point d’en être ridicules : les vérités de la Palice. En voici un exemple : « Il mourut le vendredi, le dernier jour de son âge. S’il fut mort le samedi, il eut vécu davantage ». Encore une autre du même genre : « S’il n’était pas mort, il serait en vie » ou « un quart d’heure avant sa mort, il était encore en vie ». Une dernière : « Certains hommes sont grands, d’autres pas ». Dans le dernier cas, il s’agit d’une tautologie, c’est-à-dire une proposition de caractère redondant dont la conclusion reprend une vérité déjà donnée au départ. Vous connaissez « Les Aventures de Tintin » ? Dans ces albums, les Dupont et Dupond étaient de grands spécialistes de ce genre : quand l’un affirmait quelque chose, l’autre ajoutait « je dirais plus, je dirais même » pour simplement reprendre l’énoncé. « Vous êtes en état d’arrestation » dit l’un des Dupont, « je dirais même plus, je vous arrête », dit l’autre.
Quand Jésus dans l’évangile d’aujourd’hui déclare : « vous avez appris qu’il a été dit… eh bien! moi je vous dis… », on passe à un niveau supérieur. Jésus n’est pas dans la répétition. Pas du genre à dire « La loi, c’est la loi ». L’enseignement auquel Jésus fait allusion, ce n’est pas n’importe lequel. Il ne s’agit de rien de moins que des paroles édictées dans la Loi de Moïse, une vérité que Jésus présente comme en attente d’un dépassement. C’est loin d’être une simple évidence, ou une reformulation, mais une profonde compréhension de la Loi.
Tout l’auditoire de Jésus était déjà familier avec les commandements de Dieu. Tout le peuple adhérait à celui portant sur le meurtre : « Tu ne commettras pas de meurtre ». Même chose pour l’adultère ou encore sur les serments. Pour nous, ces commandements vont de soi. À l’époque où ils ont été consignés, ils représentaient un progrès dans l’établissement de relations humaines pacifiques et justes. Jésus n’est pas venu abolir la Loi ou les prophètes, mais il invite à aller plus loin que leur simple exécution. Jésus propose un chemin de vie plutôt que des règles à observer.
La Loi de Moïse comportait certaines exigences, mais la plupart des énoncés étaient négatifs, plutôt qu’incitatifs. Un juif pieux pouvait prétendre observer la Loi tout en ayant des pensées assassines dans son cœur. Il lui suffisait de rester bien tranquille dans sa maison et ne pas mettre à exécution les projets de meurtre ou de convoitise. Le voisin vous importune, vous souhaitez sa mort : pourvu que vous ne passiez pas à l’acte, la Loi de Moïse le tolérait. Jésus lui, ne s’en contente pas. Il fait beaucoup plus que simplement commenter la Loi. Il s’attribue une autorité encore supérieure à celle du législateur d’Israël.
Par sa parole, sans contredire l’enseignement passé sur lequel il s’appuie, Jésus livre un message radical, un message qui atteint à la racine même de ce que le commandement recherchait. Ce n’est pas un simple amendement, une précision, un ajout, une insistance, comme : « en toutes circonstances, tu ne commettras pas de meurtre ». Jésus intériorise le précepte de la loi pour rejoindre le cœur de la personne, là où se niche la pensée meurtrière. Elle doit être interceptée dans sa genèse même. La colère, l’insulte n’ont pas la même gravité que le meurtre, mais laisser cette pensée s’introduire risque de déboucher sur l’action réprouvée.
Déjà les prophètes avaient annoncé une nouvelle alliance. La Loi de Moïse était inscrite sur des tablettes, extérieure à la personne. Les prophètes souhaitaient que l’Esprit de Dieu transforme le cœur de la personne pour qu’elle soit en mesure d’accomplir la Loi. C’est pour cette intériorisation que plaide Jésus. Si la Loi s’inscrit en nos cœurs, forcément, il y aura une plus grande adhésion, une meilleure conformité. Comme dirait Ben Sira le Sage que nous avons entendu en première lecture, nous faisons alors librement le choix de la loi, le choix de rester fidèle, le choix de la vie.
Mais il se trouve que notre faiblesse humaine nous amène à des régressions, sinon des transgressions. Nous ressentons que nous avons besoin d’une aide, d’un soutien ; que de nos propres forces, nous sommes incapables de cette fidélité. Ce sera tout le message de saint Paul sur la nécessité de la grâce.
Avec Jésus, avec l’envoi de l’Esprit, les anciennes prophéties s’accompliront. L’Esprit de Dieu qui habite en nos cœurs et nous fait vouloir ce que Dieu veut. L’Esprit nous indique là où se trouve notre véritable bonheur. Je dirais plus, je dirais même, l’Esprit nous conduit à la vie, nous fait devenir véritablement adulte dans la foi !