Célébration
de la rentrée et appel des services
À notre
tour d’oser entendre et parler
Une parole « Ouvre-toi »;
quelques gestes, puis une dernière recommandation : ne parlez surtout
pas de ce miracle. Soit dit entre nous, il faut être reconnaissant à cette
foule, car si elle n’avait pas raconté l’affaire avec tant
d’intensité,
ce récit ne serait pas parvenu jusqu’à nous. Heureux secret
bien mal gardé!
Guérison d’un sourd-muet. Un homme mis à l’écart
vit une seconde naissance. Il peut maintenant mieux entendre et dire ce qu’il
est et comment il voit le monde. Il peut dire ce qu’il entend de Dieu.
Une personne est libérée. Une parole et un geste de tendresse.
Le geste qui guérit. Il y a vie, il y a résurrection. Que de
temps il faut en réalité à quelqu’un pour réapprendre à vivre
dans la confiance, à parler correctement. Mais cette fois-ci, rapidement,
cet homme retrouve confiance en lui-même. La foi, la confiance est ouverture
qui change la relation à soi-même et aux autres, qui change la
qualité d’écoute.
Ce miracle est pour nous aujourd’hui.
On a besoin d’entendre cette
interpellation : « Ouvre-toi ». Ouvre-toi pour
t’écouter toi-même, pour écouter l’autre, mieux
entendre la voix et la rumeur de Dieu à travers les autres. Pendant
l’été, en écoutant certaines musiques qui parlaient
de vie, il m’est arrivé de souhaiter un miracle pour qu’enfin
les responsables des pays ouvrent leurs oreilles pour entendre autre chose
que des bombes, que des gens se parlent et agissent en conséquence.
Dimanche de la rentrée et des retrouvailles.
Une occasion de prendre conscience de ce qui nous lie depuis des années,
ou même tout
récemment, depuis quelques jours peut-être. Ce qui nous amène à l’assemblée
dominicale, ce n’est pas ce que nous partageons immédiatement
comme un ensemble d’évidences; ce qui nous lie, c’est ce
que nous cherchons en commun : un sens à la vie, une ouverture
aux autres et à Dieu.
La foi est reconnaissance; elle est une
ouverture des oreilles, de la bouche et aussi des yeux. Ce cri d’admiration devant le sourd-muet qui parle
et entend est déjà une reconnaissance que Jésus est un
homme qui ouvre à la vie, à Dieu. Le danger, toujours le
même : nous replier sur nous-mêmes. Entre nous on peut se
dire ceci : les chrétiens dans ce pays, dans ce Québec,
sont invités, avec humilité, à reprendre la parole, à sortir
de leur surdité et de leur peur de parler. La lettre des religieuses
et des religieux que nous avons appuyée comme communauté nous
a révélé par les réactions à l’intérieur
même de l’Église qu’il n’est pas facile de dire
tout haut des interrogations et de nous interpeller en tant qu’Église.
Nous avons besoin de nous ouvrir à l’Évangile et à la
culture, d’y accueillir les appels et les transformations nécessaires.
Une parole qui dit et un silence qui écoute J’entendais cet été, à la
radio, une émission où on parlait de certains artistes qui osaient
affirmer qu’ils ou elles étaient croyants et même que ces
personnes priaient. Reprendre la parole, et, comme Jésus tenter de chercher
Dieu dans notre monde, pas ailleurs. Arrêter de nous excuser d’être
chrétien ou d’aller à l’assemblée eucharistique. À une
condition cependant : que les assemblées liturgiques soit signifiantes,
prises au sérieux par tous les participants et d’abord par les
responsables. Comme le sourd-muet nous devons cesser de rester à l’écart,
mais oser, d’une façon libre, intelligente, avec la discrétion
et l’humilité nécessaire, faire entendre une parole et
passer aux gestes qui font vivre. Parole aux plus proches, dans la proximité,
comme au plus lointain.
La rentrée, une occasion de réapprendre le plaisir de faire
communauté, de nous retrouver à notre rythme pour mieux repartir
dans nos milieux en ayant des gestes et une parole qui parlent de vie; des
paroles qui donnent le goût de chercher Dieu et chercher le sens de notre
humanité et toujours interroger notre façon de faire communauté.
Que sera notre communauté dans 10 ans? Comment les jeunes que nous trouvons
absents apprendront-ils et feront-ils communauté dans quelques années?
On ne peut pas faire cela seul et à leur place. Nous avons besoin des
autres. C’est ce que nous tentons de vivre depuis des années ici à St-Albert,
mais il y a lieu de nous conscientiser davantage.
Faire en sorte que la communauté soit écoutante
de tous les mondes. On s’est donné un lieu, un espace; que ce
lieu et cette espace soient ouverts, traversés par le monde et au cœur
du monde par Dieu; entendre ses besoins pour ne pas devenir sourd nous-mêmes
et comme
communauté. On a besoin de gens de cette communauté qui
ont toutes sortes de talents, toutes sortes d’engagements qui nous inspirent.
C’est pour cela que cette année nous avons voulu faire l’appel
des services en ce dimanche de la rentrée. Pour nous sensibiliser davantage
au fait qu’il y ait plus de personnes, avec ce qu’elles sont, leurs
talents, leur disponibilité, qui puissent travailler à construire
cette communauté et à la rendre encore plus signifiante pour
nous et pour les autres. Oui, il y a toutes sortes de services à rendre,
vous en avez la liste sur cette feuille : intelligence de la foi, travail
auprès des enfants de tous âges et des jeunes, groupes de prière :
repas communautaire, préparation des célébrations, etc.
Certains services ont davantage besoin de personnes; on les a indiqués en
urgence Que chacune et chacun y participe à sa façon et à sa
mesure. La communauté est une construction jamais terminée, toujours
en chantier, forte et fragile comme la vie. C’est important que nous
ne soyons pas seulement des consommateurs de liturgie. Si on néglige
la communauté, qui s’en occupera?
Vous avez avec vous des feuilles sur lesquels
sont inscrits tous les services. Vous avez déjà eu le temps peut-être d’y jeter un
regard. Vous vous inscrivez aujourd’hui, sinon dimanche prochain où nous
referons un autre appel de service.
« Ouvre-toi ». Je souhaite que notre assemblée
dominicale, lieu privilégié de la communauté, restent
accessible à toute personne croyante, qui cherche Dieu, qui se cherche
et qui cherche les autres, une assemblée ouverte à toute personne
qui désire partager sa foi, de la dire et de la célébrer.
Oui, Dieu est accessible à tous : regardons Jésus, écoutons
l’Évangile avec des oreilles et une parole libres. Telle est l’invitation
adressée à tous en ce dimanche de la rentrée.