Entre Noël et le Jour de l’An, la liturgie de l’Église propose à notre célébration la Sainte Famille pour éclairer et inspirer la vie de nos divers modèles de vie familiale. Parce que, en effet, aujourd’hui plus que jamais, les façons de vivre la famille sont variées. Il y a les grandes familles, les familles nucléaires, les familles recomposées, etc., et tous ces endroits où c’est tout un village qu’il faut pour élever les enfants. Devant cette diversité, il n’est pas certain qu’une famille composée d’un père, d’une mère et d’un enfant soit très représentative et évocatrice pour aujourd’hui. Mais on est sensible à la préoccupation parce que, on le sait, la famille c’est la pierre angulaire de la société. Et, comme pour toute réalité importante dans nos vies, nos Écritures fondatrices offrent quantité d’éclairages pour nourrir et soutenir nos vies familiales. Je nous propose donc, aujourd’hui, de nous laisser inspirer librement par les textes que nous avons entendus tout à l’heure.
Ce qui se présente à nous en premier, et on ne se trompe pas en reprenant cette recommandation de Paul aux Colossiens : Par-dessus tout cela, qu’il y ait l’amour; c’est lui qui fait l’unité dans la perfection. Peu importe les situations familiales dans lesquelles nous vivons, l’important est de construire un milieu d’amour et de liberté dans lequel tous et toutes pourront s’épanouir. On aime se retrouver en famille parce qu’on partage de l’affection les uns pour les autres.
Lève-toi, prends l’enfant et sa mère et fuis en Égypte… Lève-toi, va t’installer à Nazareth. Cette deuxième inspiration traduit bien la mobilité des familles avec laquelle nous composons aujourd’hui : les ajustements incessants qu’il faut faire quand les enfants arrivent et quand ils partent du foyer; quand on cherche une maison, du travail; quand on veut obtenir un service. Sans parler des parents qui courent à l’aréna le samedi matin et aux cours de ballet l’après-midi. Sans parler aussi des familles immigrées qui cherchent à prendre racine en notre pays.
Mon fils, soutiens ton père dans sa vieillesse. Même si son esprit l’abandonne, sois indulgent, ne le méprise pas toi qui es en pleine force. Dans notre société, si les enfants ne prennent plus à la maison leur père ou leur mère, le devoir de tendresse à leur égard demeure urgent et pressant. Combien de parents sont délaissés, oubliés, parqués? Dans la tradition biblique, honorer son père et sa mère faisait partie des devoirs à rendre à Dieu. Nous le voyons davantage aujourd’hui comme un devoir de réciprocité, comme un devoir d’humanité. Car nos parents demeurent nos voisins les plus proches.
Revêtez votre cœur de tendresse et de bonté, d’humilité, de douceur, de patience. Nous portons tous l’idéal de relations de qualité entre nous. Face aux défis et aux épreuves que le quotidien nous réserve, il est bon de nous retrouver dans la chaleur d’un milieu familial qui nous accepte et nous soutient inconditionnellement. Nous pouvons alors nous ressourcer et refaire nos forces pour affronter les défis du quotidien et la complexité de notre monde d’aujourd’hui.
Supportez-vous mutuellement et pardonnez si vous avez des reproches à vous faire. C’est dans les familles que nous apprenons à vivre nos premières solidarités. Je suis toujours impressionné par mes neveux et nièces et tous ces jeunes couples qui éduquent leurs enfants au pardon. Je les vois intervenir dans les petits conflits et habituer leurs enfants très jeunes à se pardonner et à se réconcilier entre eux. Quand on a appris à le vivre dans la famille, on est capable de le faire à l’extérieur.
Agissez comme le Seigneur. On le sait, le projet de construire des familles ne va pas de soi. Elles sont soumises à de multiples influences qui menacent leur stabilité. Chaque membre a son horaire à lui : les enfants fréquentent la garderie ou l’école, les parents leurs lieux de travail. Il n’est pas facile de maintenir des choses en commun. C’est pourquoi il est important de construire nos familles dans le Seigneur. Quand on prie ensemble, quand on cherche ensemble la volonté de Dieu, on devient plus ouverts, plus flexibles, plus imaginatifs.
Oui, la vie familiale, c’est une réalité qui bouge tout le temps. Elle est en mouvement. On part, on marche, sans savoir précisément où l’on va. L’important c’est de savoir composer avec les événements pour maintenir la cohésion, la solidarité. Sur notre route, l’Évangile nous offre des balises et des points d’appui. Il nous propose un idéal de relations où l’amour et la vérité des liens peuvent permettre aux gens de s’épanouir. Par-dessus tout cela, qu’il y ait l’amour. C’est lui qui fait l’unité dans la perfection. Demandons à l’Esprit de soutenir toutes nos familles.