Quoi vous raconter de neuf après tant d’homélies sur les rois mages que j’ai eu la joie de partager avec vous au fil des ans? Eh bien, je pense que j’ai trouvé un message au cœur de notre évangile. Je vous cite deux versets : « Voici que l’astre qu’ils avaient vu à son lever, les précédait jusqu’à ce qu’il vînt s’arrêter au-dessus de l’endroit où était l’enfant. A la vue de l’astre, ils se réjouirent d’une très grande joie ». La joie des retrouvailles de l’astre par les mages! Ils retrouvent l’astre qui les avait précédés sur la route et qui va les amener là où ils trouveront l’enfant.
Le temps des fêtes qui tire à sa fin avec ce dimanche est pour nous un temps de retrouvailles par excellence. Chaque année, en ce temps des fêtes, nous avons la joie de retrouver des proches, des parents des amis que nous n’avons pas vu depuis un certain temps. Je me souviens de mes années d’enfance, où se succédaient les soirées de retrouvailles, où une grande joie se manifestait avec des embrassades, de la musique, de la danse, des chansons sans parler des victuailles et des échanges de souvenirs et de cadeaux. Vive le temps des fêtes!
La joie des retrouvailles fait partie aussi de notre vie quotidienne. Chaque fois que l’on retrouve une « vieille connaissance… ou tout simplement un document perdu, il y a là un motif plus ou moins grand de réjouissance. »
On trouve dans les évangiles plusieurs récits de retrouvailles : la brebis retrouvée, la pièce perdue et retrouvée, le trésor caché dans un champ. Il peut s’agir aussi de retrouvailles personnelles : Jésus retrouvé au temple ou l’enfant prodigue que son père retrouve après une longue absence.
Les plus belles retrouvailles évangéliques sont celles de Jésus ressuscité. Pensez aux diverses apparitions de Jésus, à Marie Madeleine, aux apôtres, aux disciples d’Emmaüs! On parlera de la joie pascale pour qualifier les sentiments provoqués par ces retrouvailles avec le Ressuscité.
Revenons à notre évangile du jour. Les mages astrologues ont repéré un astre dans le ciel qui évoque pour eux un événement majeur, éventuellement la naissance d’un enfant appelé à connaître une célébrité. Cet astre les met en marche et ils entreprennent une longue route pour retrouver l’objet de leur découverte. Et voilà qu’après avoir perdu de vue l’astre qui les a accompagnés jusqu’à Jérusalem, les mages le retrouvent pour les mener à l’endroit où est né l’enfant. L’évangéliste Matthieu nous dit « qu'à la vue de l’astre, ils se réjouirent d’une très grande joie ».
Notre vie chrétienne est elle aussi un long cheminement, une marche faite d’ombre et de lumière. Nous avons également besoin d’un ange pour nous indiquer l’étoile. Vous connaissez dans doute cette sculpture célèbre d’un chapiteau du Moyen Age, dans la cathédrale d’Autun. On y voit les trois rois mages, avec leur couronnes, étendus dans un même lit, sous la même couverture.
(Cliquer ici pour voir Le Sommeil des Mages; faire défiler le tableau)