En ce dimanche ensoleillé, la Parole de Dieu est tout ce qu’il y a de plus ajusté à ce bel été que nous savourons. Il est
Entre Noëlquestion de semailles, de croissance et de récolte, tout ce que nous constatons quand nous nous baladons en campagne. Pourtant, derrière des belles images, Jésus vise une expérience que ses disciples et lui vivent depuis un certain temps déjà : le peu de succès de leur annonce du Royaume de Dieu. À quoi bon tout ce travail de mission? Il est vrai qu’ils ont jeté beaucoup de semences sans trop d’effets mais, d’un autre point de vue, quand des grains tombent dans une bonne terre, le résultat est stupéfiant : jusqu’à du cent pour un. Par cette belle parabole, Jésus invite ses disciples et nous à la confiance et à la persévérance.
Comme on a entendu dans la première lecture : « Ma parole ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir accompli sa mission. » La tradition religieuse d’Israël repose sur la conviction radicale que Dieu parle à son peuple. Il n’est pas comme une idole muette qui ne peut rien pour ses fidèles. Il n’est pas non plus comme les humains qui oublient leur parole et parfois se rétractent. Non, Dieu se révèle pour donner la vie et le bonheur à ses enfants. Il parle de bien des manières : par la création, par le don de sa Loi, par les prophètes, par le retour de l’exil à Babylone.
Or, au temps de Jésus, les gens pensent que Dieu ne parle plus, que le prophétisme est mort. Pourtant, Jean-Baptiste parle avec force : il appelle au repentir et à la conversion. Et Jésus parle avec autorité : il interpelle les humains et leur révèle qu’ils sont fils et filles de Dieu. Il incite les gens à se réveiller et à croire que le Royaume de Dieu est tout proche. De plus, par ses miracles et se guérisons, sa Parole devient agissante et change les gens.
Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus raconte tout bonnement l’histoire du semeur. Tout le monde sait que la Parole de Dieu est comme une semence. Dieu n’est pas muet. Il est un semeur généreux. Il jette à larges mains au point qu’il peut même paraître négligent. En effet, il sème avant de labourer. Et la semence s’en va un peu partout : sur la route, sur les pierres, sur les mauvaises herbes, sur la bonne terre. Il s’en perd beaucoup, c’est sûr, car les oiseaux en mangent, les passants en piétinent, les ronces les étouffent. Et pourtant, quand la semence tombe dans la bonne terre, elle produit énormément. La libéralité de ce semeur qui jette en abondance proclame la grande générosité de Dieu.
Oui, avant de parler des terrains, la parabole du semeur parle d’abord de Dieu, de Celui qui ne cesse de faire les premiers pas pour venir à notre rencontre. Son amour passionné est comme le buisson ardent qui se manifeste à Moïse. Dieu nous invite à développer un regard nouveau sur lui et sur nos existences. Le semeur, c’est aussi Jésus sorti de la maison du Père, tombé dans la bonne terre pour devenir semence, une semence qui donne des fruits en abondance.
Cette belle image nous rappelle également que Dieu est présent et qu’il est toujours agissant. Sa Parole n’est pas captive. Elle est à nos carrefours, semée sans cesse et partout. Tous les terrains sont concernés car l’amour de Dieu veut atteindre toute l’humanité. Il ne craint pas le gaspillage. Quand on aime, on ne calcule pas. Des grains s’échappent même sur l’autoroute, même à la radio, même dans des chansons les plus folles. Car il est des terres étonnantes qui peuvent produire un fruit inattendu.
Parmi toutes les terres qui accueillent la semence, l’accent est mis sur la « bonne terre ». Cette bonne terre, c’est nous qui nous ouvrons à la Parole de Dieu, qui faisons silence pour qu’elle vienne se déposer dans notre intérieur. Ainsi accueillie, elle peut éveiller de nouvelles possibilités que nous portons et de cette façon, nous transformer, nous convertir. C’est comme cela que la Parole agit et produit des fruits, des effets de générosité, de partage, d’accueil des autres, de joie. Et la semence peut produire des fruits jusqu’à cent pour un.
À la suite du Christ, nous sommes envoyés pour être des semeurs de la Bonne Nouvelle. Être missionnaire, c’est aller sur tous les terrains, vers les croyants, les non-croyants, les mal croyants, même ceux et celles qui ne connaissent pas Jésus Christ. Nous serons certainement affrontés à l’indifférence ou à l’hostilité. Mais rien ne nous empêche de semer à profusion. Nous n’avons pas à nous préoccuper du temps qu’il faudra pour la croissance. Autre est le semeur, autre est celui qui récolte. Par-delà nos découragements et nos lassitudes, la parabole nous appelle à faire confiance en la puissance de la Parole de Dieu et à continuer d’annoncer la venue du Royaume. Un jour, des fruits viendront. C’est Dieu le capitaine et c’est lui qui mène la barque.